E-santé, télémédecine, données de santé : la filière de la santé numérique offre un champ immense et c’est d’une stratégie structurée et ambitieuse dont la France a besoin dans ce domaine. Le moment actuel doit être saisi pour agir et consacrer les moyens nécessaires – financiers et réglementaires – afin que la France puisse concourir parmi les nations les plus innovantes dans ce domaine. L’introduction dans le PLFSS 2018 du principe d’un remboursement des actes de téléconsultation et de télé-expertise tout comme la mise en place d’un Institut national des données de santé (INDS) en 2017 vont dans le sens du développement de cette filière. Pour les pouvoirs publics comme pour les acteurs privés, les volontés doivent être alignées sur un objectif simple : mettre les extraordinaires potentialités de la santé numérique au service de la santé des populations, de l’optimisation des prises en charge et de l’efficience de notre système. À cet égard, la Grande-Bretagne a annoncé en juillet 2017 la création d’un fonds de 96 millions d’euros dédié à la santé numérique, et l’Allemagne a initié un investissement de 150 millions d’euros7 consacré à la mise en place d’une infrastructure nationale pour regrouper les bases de données de santé. Dans le Grand plan d’investissement annoncé en septembre, 100 millions d’euros seront consacrés à l’intelligence artificielle en santé et à l’exploitation des bases de données et 50 millions seront déployés sur la télémédecine. On le voit, les montants restent encore très faibles. Dans ce contexte, la France dispose d’atouts majeurs : bases médico-administratives puissantes, innovateurs français ambitieux, volonté politique naissante. C’est en faisant levier sur cette volonté politique que notre pays parviendra à dégager les marges de manœuvre qui nous permettront d’atteindre notre ambition dans le domaine.