Elle est fragile, la flamme, et ce quelles que soient les circonstances. Celle de la démocratie n'en finit pas de vaciller. En certains pays, elle peine même à s'allumer. Il suffit de voir la Russie et sa pseudo-élection à venir, dans laquelle Poutine est le seul candidat (en dépit de l'existence d'opposants savamment muselés). Et je pense que j'aurai l'occasion de donner de nombreux exemples de ces vacillements au fil de mes articles sur l'actualité.

D'ailleurs, je commencerai ici avec une flamme que je me réjouis de voir vaciller depuis des mois : celle, bleu-blanc-rouge, du Front National. La Marine a organisé hier un congrès où elle a tenté de donner un nouveau départ à son parti et une nouvelle légitimité à sa présence, en se faisant une nouvelle fois élire de façon ultra-majoritaire (mais le score n'était pas difficile à obtenir, sachant qu'il n'y avait pas d'autre candidat dans l'arène), et en proposant au parti un nom nouveau. 

Sauf que ce nouveau départ s'apparente d'ores et déjà plus à un couac qu'à autre chose. Le nom choisi ("Rassemblement National") était en effet déjà déposé et utilisé par un mouvement gaulliste. Igor Kurek signale donc à Marine Le Pen qu'elle ne peut pas utiliser le nom de son mouvement, quand Marine Le Pen réplique qu'elle va l'attaquer en justice pour avoir utilisé le logo de son parti : la fameuse flamme tricolore. Et voilà comment, en deux temps trois mouvements, le nouveau départ se change en vaudeville grotesque. Le mieux que Marine Le Pen ait à faire, désormais, est de se retirer et de laisser la place à des personnes aptes à incarner un nouveau souffle. Le nom de sa nièce vient évidemment en tête, mais peut-être un autre sortira-t-il d'ici 2021. Enfin, si Marine parvient à admettre que, depuis ce débat de l'entre-deux tours, ses ambitions présidentielles sont mortes et enterrées...